Une enfance africaine

Après le grand froid du Groenland, nous voici en Afrique avec le roman autobiographique de Stefanie Zweig, réfugiée juive allemande au Kenya en 1938.  

Il y a quelques jours, je vous présentais « un goût d’espoir et de cannelle » que j’avais particulièrement aimé car j’en apprenais plus sur le quotidien des civils allemands pendant la guerre. Or, « Une enfance africaine » est un roman autobiographique racontant l’exil de Stefanie et ses parents, des allemands de religion juive, en 1938 vers le Kenya.

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Bien que les noms aient été modifiés, « Une enfance africaine » raconte donc l’enfance de Stefanie (Regina) au Kenya en tant que réfugiée. Bien que ses parents aient du mal à s’adapter, ce sont les années les plus heureuses de sa vie. Il en ressort d’ailleurs un fort sentiment de culpabilité vis à vis de ses parents. Regina est une très bonne élève qui maitrise mieux l’anglais et les langues locales que l’allemand, au grand désarroi de son père Walter. Ce dernier souffre particulièrement d’être apatride. Il a été chassé de son pays natal et n’est pas plus considéré par les colonies anglaises en place en Afrique, qui vont pourtant l’enrôler comme soldat de l’armée britannique, pour son plus grand bonheur. Il veut avoir une appartenance et souhaite libérer son pays natal des tyrans qui le dirige.

Ses insomnies offraient à Walter le bonheur de vivre le bref intervalle entre nuit et aurore : c’était le moment idéal pour démêler pensées et images, écrire des lettres et écouter les informations en langue allemande, à l’abri des regards méfiants des soldats qui avaient la chance d’être nés dans le bon pays et trop peu d’imagination pour l’apprécier à sa juste valeur. Chap. 13 – p. 209

En lisant ce livre, j’ai appris que beaucoup d’allemands juifs avaient émigré vers l’Afrique pendant la seconde guerre mondiale. Ils occupaient principalement des postes de fermier et avaient tout à apprendre pour démarrer une nouvelle vie.

Avant la première guerre mondiale, l’Allemagne possédait des colonies en Afrique, ce qui a déclenché des combats sur place avec les trois pays de l’Entente : Angleterre, Belgique et Portugal. En 1919, le Traité de Versailles vient entériner la fin de l’Empire colonial Allemand. Les colonies Allemandes sont redistribuées aux pays alliés. Cela permet de mieux comprendre le contexte avec l’accueil mitigé des réfugiés allemands pendant la seconde guerre.

Quelques mots sur l’auteur

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En 1947, la famille de Stefanie retourne en Allemagne. Elle a alors 15 ans. Plus tard, elle fut la directrice de la rubrique littéraire d’un journal de Frankfort pendant 30 ans.

Pour se remémorer les plus belles années de sa vie, elle se mit à écrire des romans autobiographiques qui racontent son enfance, ses aventures, ses impressions et ses sentiments. Elle devint, grâce à ses romans d’Afrique, une romancière best-seller. Elle gagne en 1993 une médaille pour le mérite de la part de la République Fédérale d’Allemagne.

Stefanie Zweig (photo) est décédée le 25 avril 2014 en Allemagne.

A voir – A lire 

Stefanie Zweig raconte son retour en Allemagne dans « Une jeunesse allemande ». Je compte bien le lire prochainement ainsi que voir le film Nowhere in Africa basé sur « Une enfance africaine » et ayant obtenu l’oscar du meilleur film étranger en 2003.

Poussinez – bien !

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